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Entrepreneuriat agricole: 5 bonnes raisons de cultiver l’oignon

La Côte d’Ivoire importe chaque année 90% de sa consommation en oignon, soit un volume non négligeable de 120 000 tonnes, importé principalement du Niger, du Burkina Faso et de la Hollande. Cela représente pour l’Etat de Côte d’Ivoire une dépense d’importation estimée à 146 milliards de fcfa. Pourtant, avec un sol riche, propice à la culture de l’oignon, il pourrait économiser cette somme en faisant de l’oignon une culture majeure.

Le sol ivoirien est favorable à la culture de l’oignon contrairement à ce que véhicule une information devenue populaire dans l’imaginaire des ivoiriens (Ph IOCI).

Faire de l’oignon une culture majeure comme le cacao, le café et l’anacarde, entre autres, tel est justement l’objectif de l’interprofession de l’oignon en Côte d’Ivoire (IOCI). Depuis quelques années, elle encourage les ivoiriens à s’investir dans cette spéculation en apportant un accompagnement stratégique. Nous avons rencontré récemment l’un de ces responsables en l’occurrence, Oulai Lesaint, son chargé de communication. De nos échanges,  nous avons fait ressortir les 5 bonnes raisons pour lesquelles les ivoiriens devraient se mettre à la culture de l’oignon.

Un marché garanti

Chaque année, à partir du mois d’août, l’on observe  une pénurie d’oignon sur le marché ivoirien. Cette  pénurie qui peut durer jusqu’au mois de décembre, est due au fait que  pendant cette période, l’oignon en provenance des pays limitrophes, notamment le Niger et le Burkina Faso, en particulier le violet de galmi, est épuisé et le marché de l’importation est quasiment à l’arrêt faute de disponibilité de production. C’est en ce moment que le marché de l’oignon devient une opportunité pour les agriculteurs ivoiriens car l’oignon pluvial peut ainsi se faire une place sur le marché. Malheureusement, la production nationale d’oignon pluvial demeure encore faible voire négligeable, ou marginale.  C’est pour cette raison que l’Oici encourage les ivoiriens à entreprendre dans cette spéculation. Petit à petit, ce message est compris, mais il n’a pas encore entrainé une popularisation de cette culture.

L’oignon violet de Cote d’Ivoire a un marché qui lui est garanti pendant la pénurie de l’oignon importé (Ph IOCI)

Un prix de vente élevé

En moyenne, l’oignon est vendu à 300 fcfa le kilogramme. Cependant, en période de pénurie, ce prix peut monter et atteindre un niveau plafond de 1000 fcfa. Dans tous les cas, l’oignon est rentable pour le planteur. Si nous prenons en compte le plus petit prix pratiqué sur le marché ou bord champ, à savoir 200 fcfa le kilogramme, le planteur peut s’en tirer avec une recette maximum de 25 000 * 200, soit 5 millions de fcfa. En effet, une plantation d’oignon bien entretenu peut rapporter à l’hectare 25 tonnes, soit 25 000 kg. La mise en place d’un ha peut couter 1,5 millions de fcfa en installation du système d’irrigation et en moyenne 500 000 fcfa pour l’équipement agricole et le paiement du personnel (composé en général de deux personnes), soit un total de 2 millions de fcfa. Ainsi, en un cycle de culture, l’entrepreneur peut amortir son investissement et faire des bénéfices.

Un cycle cultural très court

Le cycle cultural de l’oignon dure quatre mois. Ainsi deux  cultures sont possibles au cours d’une même année. La première se déroule du mois d’Avril au mois de juillet, c’est l’oignon pluvial dont la commercialisation démarre au plus tard fin août et s’achève autour de décembre. La  deuxième période de culture est dite de saison sèche et démarre au mois de septembre pour finir en décembre, avec une période de commercialisation qui débute en janvier. Quatre mois de culture c’est très court. Si on y ajoute un cinquième mois dédié à la commercialisation, on peut conclure qu’en seulement cinq mois d’activité, l’on peut amortir  son investissement et s’enrichir dans la culture de l’oignon. Généralement, les ivoiriens s’intéressent à l’oignon pluviale à cause de l’ouverture du marché pendant la période de commercialisation. Cependant, la culture de saison sèche peut être également une opportunité. En cette période, l’entrepreneur doit pouvoir proposer au consommateur, un oignon au moins égale en qualité à ce qui vient de l’extérieur, ou mieux, un oignon plus qualitatif.

La culture de l’oignon contribue à la lutte contre le chomage (Photo IOCI)

Un sol propice à la culture de l’oignon

Par le passé, l’oignon avait une réputation de culture difficile à réaliser sur le sol ivoirien. Ceux qui entreprenaient dans cette spéculation étaient obligés de constater les difficultés énormes que représentait cette culture au point d’entrainer un désintérêt général.  Plus maintenant, le sol ivoirien est bel et bien favorable à la culture de l’oignon. L’enjeu, c’était plutôt l’adaptation de cette culture à la réalité ivoirienne. Ce qui est maintenant le cas grâce à l’activisme de l’interprofession. Nous en voulons pour preuve non seulement la forte présence de la culture de l’oignon dans le nord de la Côte d’Ivoire, mais aussi, depuis peu, dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire, et plus particulièrement dans le centre et à l’ouest. Aujourd’hui, il existe des plantations dans plusieurs villes de l’ouest et du centre, dont Zuenoula, Oumé, Bangolo, Man, Danané, Facobly, Yamoussoukro (Aremou 1), Dimbokro, Touba, Bin-Houyé et Zouan-hounien.

Une expertise locale disponible

Tous ceux qui veulent se lancer dans la production de l’oignon et qui ne disposent pas de savoir-faire en la matière peuvent aujourd’hui s’adresser à l’interprofession. Celle-ci s’est donnée pour missions de vulgariser la production de l’oignon en mettant son expertise à disposition. Cette expertise est accessible à travers un accompagnement qui commence par la formation aux techniques culturales. Ainsi deux formations sont organisées chaque année. D’abord au mois de mars pour la culture pluviale et au mois d’août pour la culture en période sèche. Par ailleurs, cette organisation accompagne le producteur sur le terrain pour un appui technique afin de l’aider à réussir sa culture, sans oublier la mise à disposition de semence de qualité.

Photo de famille à l’interprofession (IOCI)

Marius Nouza

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