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Développement durable: Une jarre en argile qui filtre l’eau au Maroc

S’inspirer des jarres traditionnelles en terre cuite appelées au Maroc ‘’Khabia’’ pour fabriquer des filtres à eau à base d’argile, telle est l’innovation de la start-up Africa water innovative solutions (Awis). Fondée par Kaoutar Abbahaddou, une entrepreneure marocaine, cette startup produit déjà 5000 filtres par mois. Ces 5000 filtres sont fabriqués par 1300 femmes depuis l’année 2016.

Les filtres à eau à base d’argile sont essentiellement fabriqués par des femmes au Maroc (Photo : DR)

Pour un usage individuel et/ou familial, les filtres en céramique sont fabriqués à partir d’argile mélangée à de la sciure de bois (ou un autre matériau combustible comme le son de riz). Lors de la phase de filtration, les particules de bois brûlent grâce à un matériau microporeux. Ce matériau microporeux crée des microporosités permettant de retenir jusqu’à 99% des agents pathogènes présents dans l’eau. Après quoi, un traitement à l’argent colloïdal est utilisé afin d’éliminer plus drastiquement toutes les bactéries encore contenues dans l’eau. Cette technique a ainsi permis la mise en service de deux filtres. L’un avec une capacité de 750 ml destinés à un usage personnel et l’autre de 5 litres pour une petite famille. Au tout début, ces filtres ont été fabriqués par deux femmes dans des régions situées au centre du royaume chérifien à savoir Ait Hbibi et Ouled Jerrar. Au travers de cette innovation, il s’agissait pour l’entrepreneure de résoudre de manière significative les problèmes d’accès à l’eau potable dans les villages du Maroc. Depuis le lancement de ses activités en 2016, sa startup travaille avec des équipes établies en Côte d’Ivoire, au Maroc, en Mauritanie et au Burkina Faso. Pour elle, l’expansion de ses activités est l’aboutissement d’une ambition portée durant toutes ses années d’études à l’école d’ingénierie de Mohammadia, à Rabat.

 L’eau potable, une priorité

Juste après son entrée à l’École Mohammadia d’ingénieurs de Rabat en 2010, Kaoutar Abbahaddou se souvient du jour où elle a décidé de se tourner vers l’entreprenariat social. Avec des camarades de classe, elle profite de la compétition Enactus International pour réfléchir à des produits permettant de répondre à des défis sociétaux majeurs. Tous ensemble, ceux-ci décident de s’atteler à résoudre le problème de l’accès à l’eau potable. En effet, l’accès à l’eau potable reste encore problématique dans certains villages du Maroc. Ce cas est également semblable dans plusieurs autres pays d’Afrique mais dans ces pays comme la Mauritanie, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, le filtre traditionnel existe depuis la nuit des temps. Pendant plusieurs mois, le groupe a donc effectué des recherches approfondies pour perfectionner le procédé tout en mettant au point, dans les laboratoires de l’école, une formule à ajouter à la céramique. Cette formule gardée secrète devrait permettre aux filtres d’être encore plus efficace. Après plusieurs années de recherche, la start-up chérifienne a ainsi modernisé cette solution de filtrage d’eau. Avec ce projet, Awis a remporté avec brio la compétition Enactus Maroc et la finale internationale en Chine en novembre 2014. La réalisation de ce projet aura nécessité six mois de développement avec la participation du Centre antipoison et de pharmacovigilance de l’Institut national d’hygiène et des professeurs de l’Ecole Mohammadia d’Ingénierie (EMI). Jusqu’à présent, la startup continue en outre de bénéficier du soutien de plusieurs partenaires dans le but de vulgariser davantage le projet.

5 000 filtres à eau à base d’argiles sont fabriqués par mois (Ph Dr)

Un projet soutenu

Lancé en 2016, le projet Awis reçoit le soutien de plusieurs partenaires à savoir l’Institut d’hygiène du Maroc, Colab, un incubateur de start-up en Côte d’Ivoire ou encore l’entreprise française Soscience œuvrant notamment pour l’innovation responsable. Avec des équipes établies en Côte d’Ivoire, au Maroc, en Mauritanie et au Burkina Faso, Awis produit 5 000 filtres par mois. Dans ces pays, 1300 femmes ont par ailleurs été formées à la fabrication de ces filtres à eau à la fois traditionnels et modernisés. Dans les années à venir, en plus de se développer aussi en Afrique anglophone, la startup ambitionne de former 5 000 femmes à la fabrication de filtres en céramique modernisés. Ce qui devrait favoriser l’accès à l’eau potable à 0,5 % d’Africains. Au niveau de ses autres perspectives, Awis prévoit également la création d’un système de filtrage alimenté par l’énergie solaire. A terme, ce projet sera tout aussi bénéfique pour les populations des zones rurales en Afrique n’ayant pas souvent accès à l’électricité et à de l’eau potable.

Jean-Paul DEMOUSS

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