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Adouko Stéphane Romaric, co-fondateur et Manager général de Biocharbon: Du charbon vert pour lutter contre la déforestation

Face à la destruction avancée de la forêt ivoirienne au cours des décennies passées, des mesures de lutte s’imposent. C’est ce qu’a compris Adouko Stéphane Romaric, en créant en 2018 l’entreprise Bio-charbon. Désormais, il fait d’une pierre deux coups, gagner sa vie tout en luttant contre la déforestation en proposant aux ménages du charbon vert.

Après la crise de 2011 et la fermeture des universités, Adouko Stéphane Romaric n’a plus la motivation pour poursuivre ses études en psychologie à l’Université Félix Houphouët Boigny. Il décide d’arrêter en deuxième année et de trouver du boulot et devient enseignant dans une école secondaire d’enseignement général à Yopougon entre 2011 et 2012. Après une seule année d’exercice, il est attiré par une formation en valorisation des déchets dans une structure faisant la promotion de l’économie verte, GVD Afrique. Il se passionne pour l’économie verte, son utilité pour la société et s’intéresse en particulier à la production de charbon vert. En 2015, il trouve un emploi au sein de la SCOOP UVD YOPOUGON, une société coopérative de valorisation des Déchets, en qualité de secrétaire général et membre du comité de gestion. Au sein de cette structure, il renforcera ses connaissances en matière de valorisation des déchets et apprendra en plus le  marketing Digital, le management des organisations coopératives et le développement durable par l’économie circulaire. Après trois années d’expérience au sein de cette structure, il démissionne à la faveur du prix Alassane Ouattara du jeune entrepreneur émergent, dont il est lauréat en 2017, pour lancer sa propre structure en collaboration avec l’un de ses collègues d’UVD.

Répondre à un impératif

Stéphane Adouko est réconforté dans cette décision, et de manière générale dans son choix professionnel  en faveur du charbon vert lorsqu’un jour, il regarde une vidéo dans laquelle le premier ministre d’alors, Daniel Kablan Duncan, évoque le péril de la forêt ivoirienne en ces termes : « La foret ivoirienne a connu une dégradation continue passant de 16,5 millions d’hectares à l’indépendance  en 1960 à deux millions aujourd’hui ». Pour lui, c’est l’information capitale qui lui permet de dire qu’il a fait le bon choix. « Il faut absolument lutter contre la dégradation et la destruction de la forêt » se dit-il. Il estime donc qu’il est obligatoire d’entreprendre dans le secteur. Sauf que ce n’est qu’un simple désir qui ne restera que désir sans moyens financiers. Pendant, qu’ils sont encore au sein d’UVD, lui et son collègue, aujourd’hui associé, réfléchissent sur un projet de création d’entreprise dans le domaine de l’économie vert, en particulier dans la production de charbon bio. Ils entendent parler des opportunités de financement offertes par le prix Alassane Ouattara et décident de monter un projet à soumettre. Ce sera avec succès puisqu’ils sont lauréats en 2017. Les 5 millions qu’ils obtiendront leur permettront d’acheter des équipements et de mettre en place l’entreprise dont le siège se trouve à Yopougon Azito. Au-delà de la production de biocharbon, l’entreprise a un champ d’action plus large. Son objet social c’est la collecte, le tri  et la valorisation de déchets solides notamment en des produits tels que les charbons de déchets organiques et les seaux, les tuyaux  à partir de déchets plastiques.

Un combat pour la préservation de la forêt

La commercialisation du charbon de bois a commencé tant bien que mal dès la création de l’entreprise en 2018. La cible principale de Biocharbon, ce sont les ménages. Mais ces derniers sont déjà conquis par les vendeurs et distributeurs de charbon de bois ordinaires. Aussi, le travail de Stéphane Adouko et de son associé depuis le lancement de la phase commerciale, consiste à amener les ménages à changer de comportement en achetant du charbon bio, plus respectueux de l’environnement et plus économiquement abordables. Pour cela, ils font des associations et groupements de femmes leurs alliées. Il ne s’agit pas forcément d’amener ces femmes à changer de charbon, puisque l’entreprise avec une capacité de production de 2 tonnes ne peut pas couvrir tous les besoins. En tous cas, pour le moment, ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt de démontrer aux yeux de ces femmes l’importance du bio-charbon afin qu’elles puissent l’utiliser alternativement. La bonne nouvelle pour Stéphane Adouko, c’est que son bio-charbon est fort apprécié. « Les femmes trouvent le charbon économique car il ne coûte pas cher et en plus, il ne finit pas vite. » explique Stéphane. En effet, 300 fcfa de charbon ordinaire correspondent à 100 fcfa en bio-charbon. Ce qui est un bon rapport qualité prix. En plus de cela, il explique aux femmes qu’en achetant son bio-charbon, elles contribuent activement à la lutte contre la déforestation. Au-delà, il mène une politique de communication pour le changement de comportement en faveur du charbon vert et en faveur de la protection de l’environnement et du couvert forestier ivoirien. C’est d’ailleurs l’argument qu’il met en avant auprès de potentiels financiers comme le Fonds pour l’environnement mondial (FEM). «  En créant cette entreprise, notre objectif c’est de résoudre  de façon définitive l’impact capital des ordures qui jonchent les rues de nos communes et de lutter contre la déforestation. Le résultat attendu, c’est la préservation de la foret, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des populations ».

Résolument tournée vers l’avenir

L’entreprise de Stéphane Adouko, revient de loin, mais elle a encore du chemin à faire. Celle qui, à ses débuts, avait du mal à trouver un local et à faire face aux charges d’électricité, est aujourd’hui en phase de développement avec un effectif composé de 10 personnes dont 3 femmes. A moyen terme, elle compte s’associer a de solides associations et groupes locaux de femmes pour faciliter le marketing et la vente du produit. De même, elle veut  transformer les distributeurs et vendeurs de charbon de bois en alliés, au lieu de concurrents qu’ils sont aujourd’hui. C’est d’ailleurs ces derniers qui lui posent des difficultés aujourd’hui parce qu’ils voient d’un mauvais œil l’émergence d’un produit qui fait de la concurrence au charbon de bois ordinaire. Biocharbon veut également augmenter sa production, aujourd’hui estimée à 2 tonnes par mois, avec un investissement dans des machines de haute technologie et ainsi poursuivre son combat contre la déforestation.

Notons que Biocharbon  a été finaliste à l’édition 2017 de Africa web festival du prix sprint startup Paris Région International section Cote d’Ivoire  du jeune entrepreneur de l’économie verte organisé par INCO, Ile de France, L’Organisation Internationale de Francophonie et Le District Autonome d’Abidjan.

Marius Nouza

Pérenniser pour contribuer à l’émergence

L’émergence occupe une place de choix dans le cœur d’Adouko Stéphane Romaric. Pour lui, sa contribution à la réalisation de cette émergence tant voulue par les autorités passe par la pérennisation de l’entreprise Biocharbon. Cette entreprise occupe une place de choix dans le relèvement de certains défis de développement. L’un de ceux-ci, c’est la lutte contre le réchauffement climatique et la déforestation. L’entreprise veut à termes booster l’utilisation de charbon vert par les ménages afin de mettre fin à ces phénomènes jugés dangereux pour les générations futurs. Par ailleurs, ses activités permettront également de trouver de l’emploi à des ivoiriens, et de lutter ainsi contre cette gangrène sociale qu’est le chômage. Telle est sa vision et sa contribution à l’émergence du pays. Aussi, invite-t-il tous les jeunes de Côte d’Ivoire à avoir un plan de contribution à l’émergence de la Côte d’Ivoire. L’entrepreneuriat est certes difficile, mais il est fortement rémunérateur et donne le sentiment de contribuer au changement positif de la société. Les jeunes doivent entreprendre car la Côte d’Ivoire a beaucoup de défis à relever. Pour cela, ils doivent, selon lui, s’armer de détermination, de persévérance, être organisé et savoir tout planifier d’avance.

MN

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