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Innovation technologique: La direction est plus importante que la vitesse

Intervenant au cours d’un panel organisé à l’occasion de la deuxième édition de l’African Digital Week qui s’est tenu du 16 au 17 septembre 2021 à l’initiative de la Cgeci, Fatim Cissé, directrice générale d’IHS towers Côte d’Ivoire a indiqué qu’en matière d’innovation technologique, « la direction est plus importante que la vitesse ».

Mme Cissé Fatim est optimiste pour l’avenir des startups en Côte d’Ivoire

Elle faisait ainsi référence à la nécessité pour tout innovateur ou entrepreneur digital d’investir dans des produits ou services qui répondent aux besoins réels ou potentiels  de la population. Racontant son expérience personnelle en tant que fondatrice de la société Dux, spécialisée dans l’intelligence artificielle, elle a indiqué que dans les premiers moments de vie de l’entreprise, son équipe a misé sur des innovations  extraordinaires sans avoir de véritables retours. Par la suite, avec la crise du coronavirus, l’entreprise a développé une solution financière d’affacturage qui répondait réellement aux besoins des entreprises. Cette solution a connu une demande exponentielle. « Il ne faut pas innover pour innover », a-t-elle résumé sa pensée au cours de ce panel dont le thème était : « Cartographier l’écosystème créatif d’innovations pour transformer l’économie africaine. Que faire pour accélérer et monter sur le podium ? 

Ce panel avait pour but d’amener les acteurs de l’innovation technologique en Afrique, et en Côte d’Ivoire, en particulier,  à faire un état des lieux de l’écosystème créatif d’innovations en Afrique, d’identifier les freins au développement de cet écosystème, et de faire des propositions pour amener l’Afrique à monter sur le podium mondial de l’innovation. En effet, l’Afrique affiche un retard déconcertant.  Selon l’indice mondial de l’innovation 2020 publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, OMPI, seuls 5 pays africains figurent dans le top 100 et dans la dernière partie du tableau. Ce sont la Tunisie, le Maroc, l’Egypte, l’Afrique du sud et le Kenya. La Côte d’Ivoire est 123ème. Par ailleurs, sur 650 centres technologiques en Afrique (incubateurs, accélérateurs, FabLab, etc), l’Afrique de l’ouest, notre sous-région, compte moins de 50. Pour discuter de cette problématique, Fatim Cissé était accompagnée d’autres panelistes dont Habib Bamba, Directeur de la transformation du digital et des médias chez Orange Côte d’Ivoire, Helena Haba, Responsable Investissement d’amorçage chez Comoé Capital et Abosse Akua Kpakpo, Directeur de l’économie numérique à la Commission de l’Uemoa.

Le panel avait pour but d’amener les acteurs de l’innovation technologique  à faire un état des lieux de l’écosystème créatif d’innovations en Afrique

Poursuivant son intervention, Fatim Cissé s’est appesantie sur les difficultés que rencontrent les startups dans leur évolution. L’une de ces difficultés est la mauvaise gestion des aspects commerciaux. « Quand on est une startup, il faut savoir se vendre ». Pour cela, selon elle, la startup doit s’associer à des interlocuteurs ou partenaires qui sont capables de transformer l’innovation et d’en faire un produit à part entière, utile dans le quotidien de l’utilisateur final. En termes de difficultés, il y a également les aspects financiers. « L’innovation prend du temps à être rentabilisée, et entre temps, il faut faire face aux salaires des collaborateurs et à d’autres charges fixes ». Comme solution, il faut trouver des partenaires qui croient en la vision de la startup. Par ailleurs, le secteur de l’innovation est considéré comme hautement risqué et  nécessite, selon elle, qu’on  se tourne non pas  vers les acteurs financiers classiques mais vers les nouveaux acteurs que sont les plateformes de crowdfunding, les capitaux investisseurs, entre autre. Pour finir, Mme Cissé évoquera les difficultés liées à la règlementation. Selon son témoignage, certaines entreprises internationales hésitent à venir en Côte d’Ivoire à cause de la réglementation qui n’est pas adaptée.

En définitive, Mme Cissé reste optimiste pour le développement des écosystèmes de l’innovation en Côte d’Ivoire. Elle pense que la loi sur les startups en élaboration (Start-up Act) permettra de résoudre un bon nombre de problèmes.

Marius Nouza

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