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Portrait de la semaine / Fatou Diaby, gérante de FIJ-Communication et initiatrice du concept Jolidéh: La mode africaine dans le cœur

Pour Fatou Diaby, la mode africaine a un potentiel énorme qui reste encore sous-exploité. C’est pourquoi après 7 années passées dans le domaine bancaire, elle décide d’ouvrir une agence de communication spécialisée dans la promotion et la professionnalisation des acteurs de ce secteur autour du concept « Jolidéh ».

Le parcours académique de Fatou Diaby ne la prédestinait pas à la mode et à l’habillement. Après un BAC B (série économie) obtenu au Lycée Technique d’Abidjan, elle décide de s’orienter, contre toute attente, dans une filière juridique parce qu’elle rêvait depuis toute petite de devenir magistrate. Cette trajectoire voulue, sera très vite détournée, car dans le temps elle décide de s’orienter finalement vers la fiscalité. Mais pour rester dans la logique de son baccalauréat, elle décide de se bonifier en s’inscrivant en « cours du soir » dans une école privée afin d’acquérir des notions en Finances et comptabilité. Au finish, elle s’en sort avec un diplôme de droit et un BTS en finance comptabilité. Malheureusement, elle ne deviendra ni magistrat, ni fiscaliste, ni comptable. C’est plutôt dans le secteur du marketing qu’elle va atterrir sur le plan professionnel. Elle exercera 7 années dans le domaine bancaire, puis deviendra Manager Commerciale dans un cabinet spécialisé en gestion des Ressources Humaines avant de se lancer dans l’entrepreneuriat.

Une passion pour la mode africaine

Après de longues années en entreprises, Fatou Diaby rencontre en 2017 la dame à partir de qui va naitre en elle le désir de mettre ses compétences au service de la mode. Cette dernière sollicita ses conseils en vue de se procurer des tenues africaines de bonne qualité ayant remarqué que Fatou, passionnée de mode, était toujours habillée de manière élégante en tenues africaines. C’est en voulant satisfaire cette demande qu’elle se rendra compte d’un énorme besoin dans le secteur de la mode. « Le secteur regorge d’énormes potentialités, mais des potentialités qui ne profitent pas aux acteurs, qui manquent royalement de visibilité et d’encadrement » estime-t-elle. C’est un constat triste, mais qui selon elle,  est porteur d’espoir pour le rayonnement de la mode africaine. Pour elle, il y a un grand besoin de promotion et de professionnalisation des acteurs. Ainsi motivée par cet objectif, elle décide en 2017 de faire de la mise en relation des acteurs de la mode africaine et des clients un métier. Pour cela, elle va élaborer le concept Jolidéh.

« Fatou de Jolidéh » comme elle se fait appelé par son entourage, définit Jolidéh comme une offre de service dédiée à la redynamisation du secteur de la mode africaine par la promotion des acteurs et l’appui à l’accès aux marchés locaux et internationaux des produits de la mode africaine à travers un magazine dénommée Jolidéh magazine  et le site de vente en ligne des créations made in africa, www.jolideh.com. Ensuite, il est question pour elle d’apporter sa modeste contribution à la professionnalisation des acteurs afin de les rendre compétitifs à travers l’organisation de sessions périodiques de formation et de renforcement des compétences. « Savez-vous que le secteur de la mode en Afrique est encore à sa phase artisanale ? Pourtant il pèse plus de 31 milliards de dollars américains en Afrique subsaharienne. En Côte d’Ivoire par exemple on compte  plus de 5 000 entreprises dans ce secteur qui sont dans l’informel, et pourtant ce secteur à un véritable potentiel.» déplore-t-elle. Aussi, à travers ces actions de professionnalisation, de promotion et d’offre d’un accès plus large aux marchés, elle espère favoriser significativement la création et l’amélioration de la qualité des emplois dans ce secteur, mais aussi des créations produites par les acteurs.

C’est ainsi que Fatou Diaby arrive aujourd’hui à assumer pleinement sa passion pour la mode africaine. « Ma plus grande satisfaction sera de constater un jour, qu’à cause de ce concept ou de cette solution que j’ai créé, des millions de vies sont impactées positivement » rêve-t-elle.

Une multi-lauréate optimiste malgré les défis

En presque deux ans d’existence, l’entreprise FIJ-Communication et ses différents produits se sont beaucoup bonifiés. Fatou prépare en ce moment  les toutes premières sessions de formation dédiées aux créateurs ivoiriens. En outre, elle a décidé de développer une application de gestion des activités des micro-entreprises du secteur de la mode. La mise en ligne de cette application est imminente. En termes de projet, Jolidéh procédera très bientôt au lancement du Festival International du Bazin et du pagne africain. Un festival dont l’objectif est de promouvoir le textile et les créations africaines tout en contribuant au positionnement de la mode africaine sur la scène internationale.

Cependant, Fatou est consciente qu’il reste encore du chemin à faire. Les difficultés sont nombreuses et il faut y faire face. Comme tout entrepreneur, elle confie que  la première difficulté qu’elle a rencontrée est celle liée au financement de son idée d’entreprise. Elle l’a surmonté grâce aux subventions obtenues à la suite des concours de business plan auxquels elle a participé. La seconde difficulté a été de trouver la bonne équipe à moindre coût pour faire avancer le projet. Pour y arriver, elle s’est appuyé sur des mentors et devanciers afin d’avoir des recommandations et conseils.

L’entreprise est jeune, mais Fatou Diaby peut regarder en arrière et se réjouir déjà des récompenses obtenues. En effet, dans sa quête de financement, elle a postulé à plusieurs concours de business plan et heureusement, en 2017, elle a été lauréate du prix Alassane Ouattara de l’entrepreneur émergent. De même, elle a été finaliste du prix Orange de l’entrepreneur social et vainqueur du prix de l’entrepreneur à succès organisé par la jeune chambre internationale (JCI-CI) en 2018. Enfin, elle a reçu en 2019, les encouragements de l’Etat de Côte d’Ivoire qui a décerné un Super prix à trois entrepreneurs qui se sont distingués de fort belle manière durant l’année 2018. Toutes ces récompenses sont pour elles, des appels à persévérer dans la voie qu’elle a choisie. Les perspectives sont bonnes pour son secteur d’activités et Fatou Diaby ne compte pas baisser les bras de sitôt. En deux ans, elle a réussi, selon son propre témoignage, à améliorer la visibilité et le chiffre d’affaires de certains créateurs qui malgré l’immensité de leurs talents, étaient très peu connus du public. Elle ne peut que continuer dans cette lancé.

Marius Nouza

A fond pour le développement de la Côte d’Ivoire !

Fatou Diaby porte le développement de la Côte d’Ivoire dans son cœur et dans ses actions. Sa contribution à elle, c’est de faciliter l’augmentation des revenus des créateurs locaux et la création d’emplois décents dans le secteur de la mode. S’appuyant sur des statistiques de la Banque Africaine de développement (BAD), qui indiquent que l’industrie du textile et de la mode est le deuxième plus gros pourvoyeur d’emplois après l’agriculture dans les pays en développement, elle dit vouloir profiter de ce potentiel pour atteindre cet objectif. Par ailleurs, elle veut contribuer au  renforcement de l’emploi des jeunes en Côte d’ Ivoire et en Afrique grâce à des initiatives telles que la promotion des activités entrepreneuriales dans le secteur de la mode. Pour cela, elle veut se donner tous les moyens de réussite et s’appuie sur des valeurs intrinsèques: la passion, l’audace et l’abnégation.  Ce sont des valeurs qu’elle chérie personnellement, mais à ceux-là, elle veut ajouter la capacité à affronter les imprévus et à les transformer en opportunités ainsi que l’aptitude à collaborer avec les autres. Selon elle, l’entrepreneuriat n’est rien d’autre qu’un projet social qui doit être bénéfique à toute la société. A la jeunesse, elle donne un conseil, celui de ne pas hésiter à se lancer. « J’invite les jeunes à croire en leur rêve, à se lancer, à nourrir leur activité de passion, d’y aller étape par étape, d’apprendre de leurs expériences et de persévérer » précise-t-elle.

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