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Championne du mois: Corine Maurice Ouattara, fondatrice et gérante de MCM: La santé plus que jamais connectée !

Contribuer à réduire significativement les erreurs médicales en Côte d’Ivoire, tel est l’objectif de Corine Maurice Ouattara lorsqu’elle a pensé et développer avec son équipe en 2014 Pass Santé (Mousso), une application permettant à tout individu de porter sur lui partout où il se trouve ses informations médicales par le biais des QR codes afin d’aider le personnel soignant dans sa tâche en cas d’urgence médicale. Aujourd’hui, cette application à succès est en passe de révolutionner le secteur de la santé.

Au secondaire, Corine Ouattara était une  élève brillante qui a marqué le Collège Moderne Touré Nassanaba de Daloa en étant première de promotion en classe de seconde, première et terminale de 1998 à 2000. Une prouesse qu’elle a réalisée dans un environnement hostile visible à travers une santé fragile caractérisée quelques fois par des crises d’épilepsie partielle. Une situation inconfortable qui signifiera beaucoup pour elle des années plus tard lorsqu’elle se lancera dans l’entrepreneuriat. Après le bac obtenu en 2000, elle est orientée à l’Université Félix Houphouët Boigny en Lettres modernes. Mais, c’est sans compter avec les parents qui s’y opposeront, trouvant leur fille mieux qualifiée pour faire des études de droits. Ils  réussiront donc à la faire inscrire en faculté de droit. Malheureusement, la jeune étudiante connaitra ses premiers déboires académiques car pour la première fois, elle reprendra une classe, la première année de droit. Mais il n’y avait vraiment pas lieu de s’alarmer. Corine a le moral très haut et elle sait rebondir. Elle ne se découragera point, mais au contraire essaie de rattraper ce temps perdu en suivant à distance des cours d’assistance juridique option contentieux et directrice administrative avec Educatel en France, tout en continuant ses études en faculté  de droit à Abidjan. Elle franchira les différents paliers des études supérieures jusqu’à obtenir la licence en droit, carrière entreprise et s’inscrira en maitrise.  Mais n’a pas le cœur à terminer l’année de maîtrise. Au contraire, elle brûle d’envie d’entreprendre. Ainsi, elle court d’entreprise en entreprise pour trouver des opportunités de prestations de services dans son domaine d’étude. C’est ainsi qu’elle se fera remarquer par le propriétaire d’une grande imprimerie charmer par sa débauche d’énergie.

Une expérience professionnelle riche

Pendant qu’elle est encore étudiante, Corine est recrutée en 2015 en tant que responsable du personnel dans cette imprimerie située en zone industrielle de Koumassi. Elle n’est pas entrepreneure ni prestataire de service mais plutôt employé de l’imprimerie. Ce qui peut paraitre comme un éloignement vis-à-vis de l’objectif premier, est en réalité un exploit pour elle. C’est en effet rare de voir quelqu’un sortir de l’université et obtenir directement un emploi confortable sans passer par un stage au minimum. Elle travaillera donc pendant 2 ans pour cette entreprise avec un salaire de plus de 250 000 fcfa et démissionnera à la suite de mésententes avec la direction. Mais elle garde un bon souvenir de l’entreprise car dit-elle, elle y a appris à connaitre et s’adapter au monde du travail, choses importantes lorsqu’on veut devenir entrepreneur. En plus, elle garde toujours son premier bulletin de salaire sur elle. Après l’imprimerie, elle est recrutée par une entreprise de sécurité électronique. Mais, ici, l’offre n’est pas alléchante, car on lui propose seulement 50 000 fcfa comme salaire. A la surprise générale, Elle accepte en se disant qu’il lui revient à elle de prouver par son travail à son nouvel employeur  qu’elle mérite mieux que cela. Par principe, Corine pense que tout  aspirant à un emploi ne doit pas refuser une offre à cause de la faiblesse de la rémunération, mais plutôt faire ses preuves. Ainsi, elle fera ses preuves au sein de cette entreprise pendant 5 ans et son salaire connaitra des hausses progressives pour atteindre plus de 300 000 fcfa au moment où elle démissionne. Elle sort de l’entreprise enrichie de tout ce qu’elle y a appris et avec une ferme volonté de se mettre à son propre compte. « J’ai eu un bon professeur. Mon patron est pour moi l’exemple du vrai entrepreneur et j’ai tout appris à ces côtés» dit-elle de son  ancien employeur.  Dans la même période, la l’Ong Technoserve organise un concours de business plan compétition en collaboration avec la  Banque mondiale et l’entreprise de télécommunication MTN. Elle y participe et obtient le 1er prix pour le compte de la région de Bouaké. Avec son prix et une partie de ses économies elle va se mettre désormais à son propre compte et réaliser un rêve d’enfance.

Un bracelet pour sauver des vies

Depuis toute jeune, Corine rêvait de créer une agence de communication car elle rêvait de ressembler à MARIE CATHERINE KOISSY. C’est donc dans ce domaine qu’elle décide de se lancer en 2012 avec la création de Maurice Communication et Marketing (MCM). L’entreprise est spécialisée dans la communication par l’objet, mais l’ombre de son emploi précédent ainsi que la bonne réputation acquise et son efficacité au travail continueront de la suivre. Elle doit rénover des agences bancaires la base de l’expérience acquise chez son ancien employeur. En effet, avec cette entreprise, elle s’est imprégnée de la sécurité électronique dans tous ses aspects mais également de tout ce qui est travaux de construction métallique et bien d’autres activités. D’autres marchés de rénovation et/ou de construction suivront. En 2014, Corine est choquée par le décès du mannequin Awa Fadiga. Pour elle, au-delà de la négligence du personnel, on peut aussi mettre en cause le fait qu’elle soit arrivée à l’hôpital inconsciente et dans l’incapacité de pouvoir communiquer des informations basiques sur ses antécédents de santé. Elle ramène cette situation à ce qu’elle a vécu dans sa jeunesse avec les crises d’épilepsie partielles et se dit qu’il faut faire quelque chose pour faciliter le travail des urgentistes. C’est ainsi que vient l’idée de Pass Santé (Mousso), une application numérique utilisant les QR code et la technologie NFC pour communiquer les informations médicales des patients. Elle est intégrée à des accessoires (notamment des bracelets) portables par l’individu et permet en cas d’urgence médicale de l’identifier, d’informer ses proches, de renseigner les secours et d’apporter les premiers soins. L’utilisation de cette technologie permet surtout d’éviter les erreurs médicales selon sa conceptrice et de une prise en charge rapide et efficace du patient.

Depuis sa conception en 2014, le Pass santé mousso est bien accueilli par les populations ivoiriennes malgré quelques difficultés financières. Il  est désormais une solution conventionnée par le ministère de la santé et de l’Hygiène publique et les médecins privés de Côte d’Ivoire SYNAMEPCI. Corine Maurice, à la tête d’une équipe jeune et dynamique de 10 personnes, s’apprête à lancer la phase de vulgarisation à travers le pays et même au-delà. Entre temps,  elle ne cesse de glaner des lauriers. Elle s’est classé troisième au prix Orange entrepreneur social en 2017. Ensuite, elle a été désigné meilleure startup E-santé au African Start-up forum 2017, première lauréate du prix « jeunes talents remarquables de Côte d’Ivoire » de la Jeune chambre économique de Côte d’Ivoire en avril 2018 et les prix ne cessent de s’enchainer (voir le palmarès complet dans l’image jointe à l’article). Elle était également l’invité du ministère de l’économie numérique et de la poste au Forum Transform Africa organisé au Rwanda en mai 2017. Avec Pass Santé, Corinne veut révolutionner le secteur de la santé en Côte d’Ivoire et contribuer fortement à réduire le taux de mortalité dû à des erreurs médicales dans les hôpitaux.

Marius Nouza

L’entrepreneuriat, pas facile mais passionnant !

Corine Ouattara veut encourager la jeunesse ivoirienne à l’entrepreneuriat. Mais elle commence par mettre en garde cette jeunesse contre l’idée selon laquelle l’entrepreneuriat serait facile. «  Ce serait un mensonge de dire aux jeunes qu’entreprendre est une chose simple.  Ce n’est pas le cas. Il y a toujours des difficultés, toujours des challenges, etc. ».  Mais, ce qui est vrai selon elle, c’est que l’entrepreneuriat est une activité passionnante si l’on sait s’armer de courage et si l’on a une solide vision. La vision permet d’espérer et de persévérer. Lorsqu’on persévère, on arrive toujours à ses fins. « Au bout de l’effort, il y a le réconfort » affirme-t-elle. Et c’est à force de travail qu’on arrive à réaliser ses rêves. A défaut de vision, on risque de baisser les bras dès la première difficulté. Beaucoup entreprennent en comptant sur des « bras longs ». Mais on peut réussir sans bras longs, par la force de son travail, de sa persévérance et de sa foi. Aux femmes, elle a un message particulier. Pour elle la femme ne doit pas se contenter d’être seulement belle. « En plus d’être belles, il faut que les femmes osent. Il ne faut pas qu’on dise que telle ou telle a réussi parce qu’elle est belle. »

MN

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