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Hon. Pierre Djibril Coulibaly, président des inventeurs: « Avec Abidjan Innova, nous sommes en plein dans la promotion de l’entrepreneuriat »

La troisième édition d’Abidjan Innova qui se tiendra à la fin du mois de mars 2020, a été lancé officiellement le vendredi 13 septembre 2020. Pour cette édition, l’accent sera mis sur la valorisation des produits de l’invention et la promotion de la création d’entreprises à partir des inventions. Nous avons rencontré l’honorable Pierre Djibril Coulibaly, président de la fédération des inventeurs et innovateurs de Côte d’Ivoire (Fedinci) pour en savoir plus sur cette troisième édition et faire le bilan des deux premières sans oublier d’évoquer les enjeux de la recherche scientifique en Côte d’Ivoire.

Que nous réserve Abidjan Innova 2020 ?

Comme tous les grands salons consacrés aux inventions et à l’innovation technologique, Abidjan Innova est un cadre idéal pour faire progresser les inventions et les innovations. Après les travaux en atelier dans les laboratoires, dans les bureaux d’études, il faut bien que l’humanité soit au courant de l’existence d’une trouvaille. Le salon a vocation à être un cadre pour exposer les travaux, les nouvelles connaissances, les nouvelles inventions et innovations. C’est un cadre important pour informer l’humanité. Il est sous-entendu que l’humanité en question renferme entre autres des investisseurs, des financiers, des industriels, et parfois des traders qui mettent en relation ceux qui ont des idées d’affaires avec certains investisseurs. Donc Abidjan Innova veut faire en sorte que nos inventions et innovations puissent être traduites en produits de marchés. Parler de produits de marchés, c’est parler d’entreprise. Ce sont les entreprises qui font la promotion des produits sur le marché.

Nous avons comme critères d’observation de la qualité des salons innova, le nombre de contrats signés pour développer un produit, le nombre de prix qui sont concédés pour faire avancer les innovateurs, les inventeurs, etc. Nous avons également au niveau des panels des sujets qui concernent le passage des inventions à l’entrepreneuriat. C’est pourquoi, nous parlons de valorisation. La valorisation, c’est de partir d’une invention pour créer un produit de marché qui peut avoir de la valeur pour l’acheteur et l’amener à sortir de l’argent. Une fois que ce produit existe, c’est l’entreprise qui prend le relais pour la commercialisation. Cela peut être la création de nouvelles entreprises, c’est-à-dire des start-up mais ça peut être aussi l’intégration du produit dans une offre ancienne. Il arrive même que des entreprises créent une direction dédiée à développer un produit innovant spécifique. Mais l’entreprise elle-même continue dans sa mission première. Donc avec Innova, nous sommes en plein dans la promotion de l’entrepreneuriat

“Abidjan Innova veut faire en sorte que nos inventions et innovations puissent être traduites en produits de marchés. Parler de produits de marchés, c’est parler d’entreprise.”

Vous préparez activement cette troisième édition. Mais, quel bilan peut-on faire des deux premières ?

A la première édition en 2018, nous nous sommes concentrés sur l’invention. Le but étant de marquer le coup. Nous nous sommes donc préoccupé de montrer qu’il y a un grand nombre d’inventions en Côte d’Ivoire. C’était cela notre priorité, et effectivement cette année-là, nous avons pu exposer une centaine d’invention. Ce qui n’avait jamais été fait en Côte d’Ivoire. Je me demande si ça été fait ailleurs en Afrique. C’était la grande victoire pour nous à la première édition. Le fait d’avoir pu exposer un grand nombre d’invention. La deuxième édition nous a permis de faire en sorte qu’un certain nombre de donateurs et de pourvoyeurs s’intéresse à l’invention au point d’attribuer des prix. Souvent ils ne savent pas laquelle des inventions choisir, mais ils savent que les inventeurs et les innovateurs ont besoin de moyens pour aller vers la valorisation. Comme résultat, nous avons eu au moins une douzaine de prix qui ont été décernés par des entreprises privées, par des institutions et cela était aussi pour nous une victoire. En d’autres termes, au sortir d’Abidjan innova 2019, ll y a eu un certain nombre d’inventeurs qui ont eu les moyens pour progresser dans le sens de la valorisation de leurs inventions.

Mais entre 2018 et 2019, nous avons constaté qu’il y a des inventeurs qui sont venus avec des produits en finition en tant que chef d’entreprises. Certains sont restés invisibles, la présentation de leurs inventions ayant été confiée aux commerciaux alors que ces derniers ne maitrisaient pas forcément la nature de l’invention.  Certains,  venus en tant que chef d’entreprises, ont clairement progressé dans leurs affaires plus tard. Ils ont déclaré des chiffres d’affaires assez intéressants et évidemment cela représente une victoire pour la fédération et le salon Abidjan Innova. C’est pour cela d’ailleurs qu’au sortir de la deuxième édition, la fédération a voulu ouvrir une lucarne sur la promotion des entreprises nées d’inventeurs ou d’inventions. Nous sommes en train de créer l’Agence de gestion des innovations (Aginnov) qui est un groupement  d’intérêt économique. Nous travaillons sur ce projet et bientôt tout sera finalisé.

Nous voulons, en effet, mener des actions spécifiques dans le sens de la promotion des entreprises qui sont nées de nos inventions. Et ces entreprises sont nombreuses. Certaines d’entre elles ont exposé à l’occasion du lancement du salon la semaine dernière. Elles ont déjà des produits sur le marché. C’est déjà une bonne évolution pour nous alors qu’auparavant, les gens venaient simplement présenter leurs inventions sur un tableau. Nous avons dépassé cette étape. Maintenant nous montrons des entreprises qui ont des produits commercialisables. Nous sommes donc en plein dans la promotion de l’entrepreneuriat à partir de nos inventions. D’ailleurs, nous étions en pourparlers avec un conseiller au niveau du ministère de la promotion de la jeunesse et de l’emploi jeune pour avoir accès aux fonds disponibles. Nous voulons que nos jeunes inventeurs puissent avoir accès à des fonds de l’Etat de Côte d’Ivoire pour développer leurs activités. Nous avons un défi à relever, celui d’être sur le marché. C’est là-bas qu’on nous attend. Nous en sommes conscients. Les pays qu’on cite en exemple en matière de développement, notamment la Chine, la Corée du Sud, le Japon, etc, sont passés par là, c’est-à-dire à partir des produits nés de leurs inventions. Si le produit est propulsé, cela peut faire de la nation une grande puissance. Quand un produit est soutenu par un droit de propriété intellectuelle, il a forcément un avenir assuré.

” Notre objectif ultime c’est d’avoir des succès stories nés de nos inventions. C’est notre objectif prioritaire aujourd’hui. Depuis la dernière édition d’Abidjan Innova, nous y travaillons.”

Peut-on dire que les inventions nées en Côte d’Ivoire ont la côte pour pouvoir attirer des investisseurs ou des chasseurs d’opportunités ou pour nous amener sur la voie de ces pays-là ?

C’est la question à laquelle on voudrait pouvoir répondre par l’affirmative bientôt. Parce que la réponse actuelle est non. Nous n’avons pas d’inventions phares qu’on peut brandir à l’échelle mondiale. Nous n’en sommes pas encore là et chaque fois nous sommes interpellés là-dessus. Nous allons poursuivre les recherches avec Aginnov afin que dans les années qui viennent on puisse passer à cette étape. Avec l’apport de certains prix comme le prix Alassane Ouattara du jeune inventeur, le prix du ministère du pétrole et des énergies, nous pourrons y arriver rapidement. Notre objectif ultime c’est d’avoir des succès stories nés de nos inventions. C’est notre objectif prioritaire aujourd’hui. Depuis la dernière édition d’Abidjan Innova, nous y travaillons.

Parlant de qualité de la recherche et des inventions, Existe-t-il un dialogue entre la Fedinci et le secteur privé pour pouvoir orienter la recherche afin qu’elle réponde aux besoins du marché national et international ?

Aucune révolution technologique n’a été commandée. Toutes les révolutions surviennent et s’imposent à tous par leurs pertinences. Cela fait qu’aucune invention n’est à négligé. Cela dit, il y a la démarche que vous avez évoqué qu’on peut également prendre en compte. A ce niveau, il faut dire que nous avons des cadres d’échanges. En tant que fédération des inventeurs, nous sommes un guichet unique, une sorte de voix unique du monde des inventeurs, des chercheurs, des innovateurs, créateurs, etc.  Mais en face, on n’a pas un interlocuteur unique avec lequel nous pouvons échanger. Ils sont disséminés dans les différents ministères et structures étatiques. Chaque ministère a une direction de l’innovation, de la recherche, etc. On peut dénombrer au moins une quarantaine de structures qui sont disséminés. Depuis quelques semaines nous sommes en train de travailler pour créer une plateforme de dialogue entre les chercheurs et les industries (y compris l’Etat). Cela dit, il faut organiser les choses. Il faut qu’au niveau de la recherche il y ait un guichet unique avec les inventeurs pour proposer une offre aux industriels. Cela est en train de se mettre en place.

Ce que nous avons fait pour vulgariser nos inventions et permettre aux personnes d’y avoir accès, c’est de mettre à disposition un catalogue des inventions qui va être édité chaque année. La première édition date de 2018. L’édition 2019 sortira en 2020. Au niveau du ministère de la recherche scientifique, ils ont une plateforme qui regroupe les projets d’innovateurs, d’inventeurs, de chercheurs, etc. Nous allons voir comment fusionner les deux catalogues pour qu’il y ait une base unique quand on parle d’inventions et d’innovation en Côte d’Ivoire.

Quelles démarches menez-vous auprès des investisseurs potentiels pour les attirer à Abidjan innova 2020 ?

Nous faisons du corps à corps, du porte à porte. C’est pour cela que nous nous sommes donnés une période de 6 mois après le lancement officiel la semaine dernière. Pendant cette période nous irons d’entreprise en entreprise, d’institution en institution, d’organisation en organisation pour présenter innova, pour présenter ce qui est déjà fait et ce qu’elles peuvent gagner en s’intéressant à l’évènement. Généralement, nous proposons que les gens viennent soit en tant qu’investisseurs pour voir les opportunités, soit en tant que financiers pour voir comment aider les inventeurs qui exposent, soit en tant que donateurs pour mettre un prix afin d’encourager l’invention et l’innovation. Ils peuvent également venir en tant que soutien, c’est-à-dire participant à l’organisation en y investissant de l’argent pour que l’évènement ait lieu. A tous ces niveaux, nous faisons du porte à porte. Nous n’avons malheureusement pas de grands moyens pour faire de la communication de masse. Chaque fois nous mettons en place un plan de communication prenant en compte les grands médias, mais les moyens ont toujours fait défaut. Pourtant c’est le moyen le plus efficace. Pour l’instant, nous allons doucement donc.

Il faut noter que concernant Innova, nous avons des accords avec Conceptum exhibition qui est une structure qui organise le salon Bruxelles Innova depuis plus d’une soixantaine d’années. Cet accord concerne la mobilisation de l’internationale autour du salon Abidjan Innova. Ils ont déjà des réseaux sur lesquels nous pouvons nous appuyer, mais pour cela, ils veulent s’assurer que nous avons atteint un niveau qui nous permette d’accueillir effectivement le monde entier. A l’aube de la troisième édition, je pense qu’ils nous font maintenant confiance pour ce challenge-là. Ils nous proposent de commencer à mobiliser l’Asie pour la prochaine édition en attendant d’embarquer l’Europe et les Etats-Unis. Parmi ce monde à mobiliser à partir de l’Asie, il y a des chasseurs d’affaires auxquels nous nous attendons. Il y a pas mal qui sont venus vers nous. Certains ont participé à nos  réunions ici. Mais, il faut dire qu’avec eux, c’est carte sur table. Ils veulent faire payer leur participation alors que c’est à leur avantage qu’ils se déplacent pour Abidjan Innova. Nous sommes en train de grandir, tant bien que mal, et notre objectif c’est de faire venir ce type de cible.

Quelle est la force de votre association en termes de membres et d’inventions ?

La Côte d’Ivoire, c’est environ 300 brevets d’inventions (entre 20 et 30 inventions par an). Sur ce nombre, il y a à peu près une centaine d’inventeurs et innovateurs qui sont membres réguliers de la fédération. Lorsque nous faisons notre réunion, nous sommes entre 20 et 35 personnes. Au niveau du bureau nous sommes 22. Mais, tous les inventeurs, centres de recherche, écoles  sont invités au salon Abidjan Innova 2020. C’est un salon ouvert à tous, membres ou non de la Fedinci.

Propos recueillis par Marius Nouza

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